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La dinde de Noël
  
   On n’était plus qu’à quelques heures du réveillon de Noël. Ma femme s’échinait à la cuisine tandis que je bricolais une guirlande électrique récalcitrante pour le sapin majestueux condamné à mort au nom d'une tradition. Le carillon de la porte d’entrée retentit. Comme chaque année, notre fille aînée arrivait la première, histoire d’aider sa mère aux derniers préparatifs.
   Trois heures plus tard, le salon était envahi et il ne manquait plus que Belle-maman qui contrairement à son défunt et cheminot de mari n’avait qu’une conception assez élastique de la ponctualité. Mais si ses retards chroniques n’avaient plus prise sur mon humeur, je lorgnais régulièrement ma montre en maudissant notre traiteur qui, lui, nous avait habitué à plus d’exactitude. Que la dinde tarde encore plus d’un quart d’heure et il aurait de mes nouvelles !
   Affamé, mon gendre tentait de se contenir en délestant de son contenu pour la troisième ou quatrième fois la bouteille de vin qu'il avait accaparée quand le carillon annonça l’arrivée de la volaille retardataire. Je me précipitai à la porte, et l’ouvrant d’un geste cérémonieux, je déclamai : « Mesdames et messieurs…, la dinde ! ». Des éclats de rire fusèrent tandis que dans l’embrasure de la porte ma belle-mère(1) me foudroyait du regard.
1 - Je demande pardon à toutes les belles-mères, qu'elles soient ponctuelles ou pas.

 
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